Les jouets et montres connectés sont-ils intrusifs pour les enfants

Poupée connectée qui espionne les enfants

Depuis quelques années, les ventes de jouets connectés à destination des enfants sont en constante augmentation. D’après certains experts en économie, le marché mondial pourrait atteindre 15,5 milliards de chiffre d’affaires en 2022. Ludiques, pratiques et modernes, ces derniers inquiètent pourtant de plus en plus les autorités, les parents et les associations de consommateurs.

Des avantages certains.

Selon une étude récente, 90% de nos enfants sauraient utiliser une tablette ou un smartphone. Nos enfants les connaissent mieux que nous ! Chez les bébés, les jouets et autres montres connectés visent avant tout à simplifier la vie des parents. Rassurants, les babyphones avec caméra intégrée peuvent nous permettre de veiller à distance sur notre enfant afin d’intervenir très vite en cas de problème. La plupart des jouets connectés intègrent également des tracteurs GPS. Ainsi, les parents peuvent suivre leur enfant 24 heures sur 24.

Certains jouets connectés vont encore plus loin et sont équipés de capteurs. Ceux-ci vérifient la température et la fréquence cardiaque de l’enfant sans interruption. Les parents peuvent consulter les données instantanément. Diverses études reconnaissent aussi les bienfaits des jouets connectés sur le développement de l’enfant.

Nés dans un monde high-tech, ceux-ci seraient plus vifs et créatifs. Les jouets connectés les habituent à interagir avec un environnement très varié, effaçant les barrières entre le virtuel et le numérique. Ils offrent de nouvelles manières de communiquer et d’appréhender le monde.

Des inquiétudes qui demeurent vives.

En décembre 2017, la CNIL a mis en demeure la société Genesis Industries pour deux jouets connectés commercialisés en France : le robot I-Que et la poupée Cayla. Ces derniers sont pointés du doigt pour leurs graves carences en matière de sécurité en ligne. Cette affaire soulève un problème important mis en relief depuis longtemps par diverses associations de parents : les jouets étant connectés à Internet, ils peuvent être une cible privilégiée pour les pirates informatiques et les cyber-pédophiles.

Une étude norvégienne, publiée par le Forbrukerrådet, dresse un constat inquiétant : « Plusieurs montres testées et commercialisées en toute légalité peuvent être infiltrées facilement par des pirates amateurs. Ainsi, ces derniers pourraient suivre les enfants 24 heures sur 24 et les mettre sur écoute. » Avec un peu d’expérience, les hackers peuvent également envoyer une fausse localisation de l’enfant, grâce à la montre.

Les jouets connectés peuvent aussi être utilisés à des fins illégales. Certains parents se sont déjà servis des babyphones connectés de leurs enfants pour espionner leurs professeurs. L’agence nationale de régulation des télécommunications allemande a d’ailleurs interdit les montres connectées pour enfants, dotées d’une option d’écoute à distance.

Les jouets et montres connectés peuvent s’avérer intrusifs pour les enfants ou pour autrui. Mal sécurisés et mal employés, ils peuvent aussi se révéler très dangereux. Toutefois, le marché étant en pleine évolution, il y’a fort à parier pour que les fabricants proposent des solutions adaptées. En effet, si les jouets connectés continuaient à garder une aussi mauvaise réputation, cela pourrait être à terme la faillite des principaux acteurs du secteur.

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